Budget, suppressions de postes et grèves : l’impossible équation 

Avec la finalisation du budget, ce sont ses conséquences sur nos lieux de travail qui commencent à se dessiner et amènent logiquement les personnels à se mobiliser.

Un budget 2026 très insuffisant

Fin janvier le ministère a présenté aux organisations syndicales les conséquences du budget 2026 sur l’Éducation Nationale, et les conséquences sont nombreuses avec environ 4000 suppressions de postes dans le premier et le second degrés, l’académie de Créteil n’étant pas épargnée, avec par exemple 116 suppressions de postes dans le premier degré. Dans l’enseignement supérieur aussi les conséquences du budget 2026 seront plus que problématiques. Ce sont donc les conditions de travail des personnels, des élèves et des étudiant·es qui vont à nouveau se dégrader, comme si notre pays avait choisi de ne plus préparer l’avenir
Encore plus que les années précédentes, ce budget n’est pas à la hauteur de ce dont a besoin notre service public d’éducation et d’enseignement supérieur.
Le gouvernement justifie ces choix par la baisse démographique. Pour la CFDT, celle-ci devrait au contraire être vue comme une opportunité pour panser les plaies d’un système qui craque de toute part en investissant davantage pour chaque élève et chaque étudiant·e. 

Des mobilisations justifiées

Dans les écoles et les établissements publics les conséquences de ce budget sont désormais connues et suscitent légitimement la colère de nombreuses et nombreux collègues. 
Comme les années précédentes, des mouvements de grève sont envisagés. La CFDT soutient pleinement les collègues qui entrent dans l’action contre la dégradation de leurs conditions de travail et de celles de leurs élèves ou étudiant·es.
La fédération CFDT Éducation Formation Recherche Publiques a déposé en ce sens un préavis de grève national qui couvre les personnels pour la période allant du 11 février aux congés de printemps. 

Un calendrier complexe

Très souvent, c’est fin janvier début février qu’on voit arriver sur les lieux de travail les conséquences des choix budgétaires. À ce moment-là, le budget a déjà été voté puis décliné dans les ministères et présenté aux organisations syndicales. Ainsi, les moyens dévolus à l’Éducation Nationale et à l’Enseignement Supérieur pour la prochaine rentrée sont d’ores et déjà connus et surtout fixés. Ce qui signifie concrètement que si X obtient davantage de moyens, ce sera nécessairement au détriment de Y. La seule solution pour faire autrement est d’obtenir un correctif budgétaire. Cela s’est déjà vu, mais la situation budgétaire et politique rend pour cette année cette possibilité encore plus improbable que les précédentes. 

Aller vers d’autres choix budgétaires

À l’automne nous avions appelé les collègues à se mobiliser à deux reprises, en intersyndicale, pour peser sur les choix budgétaires. Si les deux mobilisations ont été plutôt réussies, elles ne l’ont sans doute pas été suffisamment pour peser fortement. Nous savons qu’à l’automne, les conséquences des choix budgétaires sont pour beaucoup de collègues encore lointaines. Et pourtant nous savons aussi que c’est à ce momentlà qu’il est encore possible d’influer sur les conditions de la rentrée suivante. Nous n’avons eu de cesse d’interpeller les parlementaires, jusqu’au vote du budget, sur les conséquences possibles de leurs choix. Force est de constater qu’en 2026, comme lors de beaucoup trop d’années précédentes, les représentant·es de la Nation n’ont pas fait le choix d’investir dans l’éducation. 
La dépense par élève du premier degré est ainsi 20 % plus élevée en Allemagne, 30 % plus élevée au Royaume-Uni, et 50 % plus élevée aux États-Unis.
Ces éléments soulignent pour nous l’importance de sensibiliser l’opinion publique et de la gagner à notre cause pour obtenir d’autres choix politiques et/ou d’autres représentant·es. Pour ce faire, la grève n’est pour nous pas toujours la meilleure option. 

En Ile de France, un rééquilibrage nécessaire

La particularité de l’Île de France ajoute une dimension singulière dans l’analyse de la situation actuelle. L’académie de Paris y est, selon les indicateurs du ministère, nettement mieux dotée que ses deux voisines, particulièrement dans le premier degré. Nous considérons qu’il est légitime pour tout·e collègue de se mobiliser face à la dégradation de ses conditions de travail et de celles de ses élèves.
Pour autant, pour la CFDT académie de Créteil, un mouvement contre les suppressions de postes en Île de France doit s’accompagner de réelles revendications pour un rééquilibrage des moyens entre l’académie de Paris et celles de Créteil et Versailles.