Au-delà des images cultivées par certain·es : distinguer les revendications des violences

Dans le mouvement qui secoue les lycées actuellement il est à la fois nécessaire de condamner les violences subies par les personnels et les élèves et de souligner la légitimité de nombreuses revendications.

Des violences insupportables

Les  jours qui viennent de s’écouler ont été marqués par des situations de violences autour de lycées de l’académie que nous condamnons. Dans de nombreux territoires la sécurité des personnels et des élèves a été mise en danger et des blessé·es sont malheureusement à déplorer.
Aucune violence n’est acceptable qu’elle vienne de certains mouvements de jeunes, ou, et c’est encore plus grave, des forces de l’ordre. On déplore aussi sur certains territoires l’intrusion de personnes extérieures violentes qui décrédibilisent des revendications légitimes. Ces violences font malheureusement le lit de celles et ceux qui vivent du populisme, de la démagogie et du rejet de l’autre.
A ce stade la sécurité de toutes et tous doit être la priorité.

Écouter et prendre en considération la parole des jeunes

Le mouvement actuel soulève les problèmes nombreux auxquels fait face notre service public d’éducation, en lycée, mais pas seulement. Il est frappant de constater à quel point les revendications exprimées par beaucoup d’élèves rejoignent des constats que nous faisons depuis plusieurs années. Qu’il s’agisse de la vétusté de certains locaux (responsabilité de la région Ile de France), de l’absence de moyens de remplacement ou des conséquences pour les conditions de travail des élèves et des personnels de la réforme du lycée dite réforme Blanquer, nous n’avons cessé d’alerter, localement et nationalement.
Le mouvement en cours, dépouillé de la vitrine violente que certains veulent lui donner, pose donc bien des questions et les autorités nationales ou régionales ne peuvent se défausser de leurs responsabilités en cultivant l’image d’un mouvement manipulé et sans fondement et en apportant pour toute réponse qu’un passage au distanciel, qui plus est au débotté.
Nous savons, pour l’avoir expérimenté, les nombreux soucis que pose le distanciel en termes de conditions de travail, d’inégalités et d’efficacité. Ce mode d’enseignement ne peut constituer une réponse face à l’incapacité d’assurer la sécurité des établissements. 
Il est donc urgent d’apporter de réelles réponses à la crise en cours, par l’écoute, le dialogue mais aussi un engagement fort de l’État et de la Région. 
Nous, personnels, sommes prêt·es à assumer nos responsabilités pour que notre service public puisse fonctionner de nouveau et au plus vite. Les personnes qui gouvernent le sont-elles ?

Lire aussi :